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À lire et à écouter

La bicyclette

Paroles: Pierre Barouh
Musique: Francis Lai
Chantée par Yves Montand

Quand on partait de bon matin
Quand on partait sur les chemins
À bicyclette
Nous étions quelques bons copains
Y avait Fernand y avait Firmin
Y avait Francis et Sébastien
Et puis Paulette

On était tous amoureux d’elle
On se sentait pousser des ailes
À bicyclette
Sur les petits chemins de terre
On a souvent vécu l’enfer
Pour ne pas mettre pied à terre
Devant Paulette

Faut dire qu’elle y mettait du cœur
C’était la fille du facteur
À bicyclette
Et depuis qu’elle avait huit ans
Elle avait fait en le suivant
Tous les chemins environnants
À bicyclette

Quand on approchait la rivière
On déposait dans les fougères
Nos bicyclettes
Puis on se roulait dans les champs
Faisant naître un bouquet changeant
De sauterelles, de papillons
Et de rainettes

Quand le soleil à l’horizon
Profilait sur tous les buissons
Nos silhouettes
On revenait fourbus contents
Le cœur un peu vague pourtant
De n’être pas seul un instant
Avec Paulette

Prendre furtivement sa main
Oublier un peu les copains
La bicyclette
On se disait c’est pour demain
J’oserai, j’oserai demain

Quand on ira sur les chemins
À bicyclette

La bicyclette et le vélo

C’est le contraire du vélo, la bicyclette. Une silhouette profilée mauve fluo dévale à soixante-dix à l’heure : c’est du vélo. Deux lycéennes côte à côte traversent un pont à Bruges : c’est de la bicyclette. L’écart peut se réduire. Michel Audiard en knickers et chaussettes hautes au comptoir d’un bistro : c’est du vélo. Un adolescent en jeans descend de sa monture, un bouquin à la main, et prend une menthe à l’eau à la terrasse : c’est de la bicyclette. On est d’un camp ou bien de l’autre. Il y a une frontière. Les lourds routiers ont beau jouer du guidon recourbé : c’est de la bicyclette. Les demi-course ont beau fourbir leurs garde-boue : c’est du vélo. Il vaut mieux ne pas feindre, et assumer sa race. On porte au fond de soi la perfection noire d’une bicyclette hollandaise, une écharpe flottant sur l’épaule. Ou bien on rêve d’un vélo de course si léger : le bruissement de la chaîne glisserait comme un vol d’abeille. A bicyclette, on est un piéton en puissance, flâneur de venelles, dégustateur du journal sur un banc. A vélo, on ne s’arrête pas : moulé jusqu’aux genoux dans une combinaison néospatiale, on ne pourrait marcher qu’en canard, et on ne marche pas.

C’est la lenteur et la vitesse ? Peut-être. Il y a pourtant des moulineurs à bicyclette très efficaces, et des petits pépés à vélo bien tranquilles. Alors, lourdeur contre légèreté ? Davantage. Rêve d’envol d’un côté, de l’autre familiarité appuyée avec le sol. Et puis… Opposition de tout. Les couleurs. Au vélo l’orange métallisé, le vert pomme granny, et pour la bicyclette, le marron terne, le blanc cassé, le rouge mat. Matières et formes aussi. A qui l’ampleur, la laine, le velours, les jupes écossaises ? A l’autre l’ajusté dans tous les synthétiques.

On naît à bicyclette ou à vélo, c’est presque politique. Mais les vélos doivent renoncer à cette part d’eux-mêmes pour aimer – car on n’est amoureux qu’à bicyclette.

Philippe Delerm : La prémière gorgée de bière et autres plaisirs minuscules


EXERCISES

1. Lis le texte en haute voix et soigne ta prononctiation.

2. Essaye de traduire le texte.

3. Souligne les formes verbales et classifie-les.

4. Tu es pour ou contre l’avis de l’auteur ? Explique-toi avec correction…

Fiche de révision

Schéma des verbes français

Premier groupe : verbes finissant en -ER, réguliers, modèle AIMER (sauf ALLER, très irrégulier)

-Deuxième groupe : verbes finissant en -IR (gérondif en -ISSANT), réguliers, modèle FINIR

-Troisième groupe : verbes finissant en -RE, -IR, -OIR, irréguliers, exemples PRENDRE, PARTIR, VOIR

-Verbes très irréguliers et très utilisés : ÊTRE et AVOIR

Un long weekend

Vendredi. Personne ne travaille en Espagne. C’est le 14 octobre, jour de la Patrie. Mais qu’est-ce que la «Patrie»?, je pose comme question. Je n’ai jamais su et je me réponds moi-même. Moi, on peut mettre par cas, je suis née de père catalan et de mère galicienne. Mon père était né de parents qui vennaient de Murcia. On a même un nom arabe au creux de la famille. Deux de mes frères habitent à Barcelone. Un autre à Sydney, en Australie, marié avec une fille slovène. Mon ami est asturien et il y a cinq ans que j’habite aux Asturies.

Les langues que j’aime bien et qui m’accompagnent sont diverses : l’espagnol, le galicien, le catalan, l’asturien et le français. Je peux comprende tant bien que mal l’anglais et le portugais. Je suis en train d’apprendre l’italien. Je veux en apprendre encore des autres.

Le matin, une réprésentation pas rare de l’armée a fait sa présence en défilant dans le Paseo de la Castellana à Madrid. Je m’en suis moquée, que c’était ridicule!, mais je me suis aussi vraiment fachée ; cela coûte beaucoup d’argent publique!

En tout cas je suis libre ce jour-ci. Aujourd’hui commence un long weekend. Je me suis permit faire la grasse matinée, de la même façon que j’imaginais pour tous mes élèves et leurs familles. Après un long déjeuner tranquille, on a fait la sieste. J’ai eu le temps pour y écrire, pour respirer profond, pour le plaisir de savoir que je vis, que j’habite une jolie maison louée, que je suis sur une Terre qui n’est pas mienne mais que je partage avec des autres dans un temps précis, dans un space. Personne ne m’appartient. Le monde ne m’appartient pas non plus. Rien ne m’appartient. On n’appartient qu’à soi-même…

Odette

Post dédié à Rosa et Rubén

Il y a quelques semaines on est sortis au cinéma avec des amis voir le film Odette Toulemonde. La bonne occasion s’est présenté car il a été exposé dans le seul bâtiment ancien, si je ne me trompe pas, qui reste aux Asturies (Espagne) consacré au cinéma -un joli palais de la très belle ville d’Avilés-, comme ceux d’une autre époque pas très lointaine, mais qui est déjà restée dans le souvenir géneral à cause des salles qu’on a si bien amenagées -même avec son cubicule pour la boison fraîche- aux centres de loisir qu’on dirait de navettes destination la planète Mars.

On a bien aimé le film. De mon avis, je souligne le bon travail des acteurs principaux, ceux qu’interprètent Odette Toulemonde, employée section pafumerie grand magazin, et Balthazar Balsan, romancier bestseller. Je connaisait dejà lui par son rôle de docteur dans le film La maladie de Sachs, mais pas elle avant de l’avoir vu dans le papier d’Odette. Mais la casualité m’a emmenée à l’avoir en face, sur la télé, il y a deux soirées, en ce cas avec le film Un air de famille, que j’a beaucoup aimé.

Le nom d’Odette m’a fait beaucoup plaisir à cause de son identité avec l’Odette de Crécy dont Marcel Proust écrit tout au long de son extraordinaire À la recherche du temps perdu . Ce détail on l’a fait remarquer aussi dans le film… Un autre détail dont je me suis rendu compte, c’était la magique resemblance des rêveries qu’Odette experimente avec les évocateurs tableaux de Marc Chagall sur des personnages volants.

Syntaxe

Je gagne ma vie en Espagne, où je suis née et où j’habite, comme professeur non officiel sur divers sujets. D’une partie, je donne chez moi des cours particuliers, surtout de Français (langue étrangère) et d’Espagnol (langue maternelle); d’une autre, je travaille dehors comme enseignante de Dessin et Peinture, soit dans une école d’Éducation Primaire, soit dans une académie non loin de l’école.

Demain l’après-midi je commence avec mon premier élève d’Espagnol de la saison. Sa mère m’a informé qu’il n’est pas très fort en syntaxe : « Encore un autre! », ai-je pensé. Pourquoi les adolescents trouvent-ils tellement difficile la syntaxe? Il ne s’agît que de reconnaître des coordonnées qui articulent toujours le même système… Serai-je capable de lui en donner la clef? Un élève est comme un patient; on ne traite pas une maladie, sinon sa maladie.

 

C’est ici

où je vais faire la cueillete de mes connaisances…